Samedi 24 mai 2008
6
24
/05
/Mai
/2008
17:00
Bulletin Phaethon, 2008, 27 : 1-8.
Résumé : Cette note présente une synthèse des observations du Lézard vert des Hauts, Phelsuma borbonica, sur les plantes indigènes et introduites de l'île de La Réunion. Les premiers résultats sur son habitat et les parcours empruntés quotidiennement sont présentés ici.
Mots clés : Phelsuma borbonica ; flore indigène ; flore introduite ; île de La Réunion.
Summary: This paper presents an observation's synthesis of Reunion Day Gecko, Phelsuma borbonica, on indigenous and introduce plants on Reunion Island. The first results on their habitat and their daily trail are presents here.
Key words: Phelsuma borbonica ; indigenous plants ; introduce plants ; Reunion Island.
Introduction
Présentation de Phelsuma borbonica
Présentation des sites d’étude
Lors de cette étude 18 espèces végétales indigènes utilisées par le Lézard vert ont été recensées. Celles-ci sont listées ci-dessous et leur origine est précisée (CBNM, 2007).
Nom scientifique Nom commun Origine Type de comportement
Agarista salicifolia Bois de rempart Indigène des Mascareignes Thermorégulation
Antidesma madagascariensis Bois de cabri blanc Indigène Réunion, Maurice Déplacement
Antirhea borbonica Bois d'osto Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Doratoxylon apetalum Bois de gaulette Indigène des Mascareignes et de Madagascar Déplacement
Dictyosperma album Palmiste blanc Endémique Réunion, Maurice Thermorégulation
Dracaena reflexa Bois de chandelle Indigène des Mascareignes Thermorégulation
Ficus mauritiana Affouche rouge Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Gaertnera vaginata Losto café Endémique Réunion Déplacement
Geniostoma borbonicum Bois de piment Endémique Réunion Thermorégulation
Homalium paniculatum Corce blanc Endémique Réunion, Maurice Thermorégulation
Nuxia verticillata Bois maigre Endémique Réunion, Maurice Thermorégulation
Pandanus purpuraescens Vacoa des hauts Endémique Réunion Thermorégulation
Pandanus sylvestris Petit vacoa Endémique Réunion Thermorégulation
Pittosporum senacia Bois de joli cœur Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Psiloxylon mauritianum Bois de goyave marron Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Tambourissa elliptica Bois de bombarde Endémique Réunion Thermorégulation
Turraea thouarsiana Bois de quivi Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Vernonia fimbrillifera Bois de sapo Endémique Réunion Déplacement
0 : taxon exotique insuffisamment documenté, non encore coté
1 : taxon exotique non envahissant
2 : taxon exotique potentiellement envahissant
3 : taxon exotique envahissant se propageant uniquement dans les milieux régulièrement perturbés par les activités humaines
4 : taxon exotique envahissant se propageant dans les milieux naturels ou semi-naturels
5 : taxon exotique très envahissant, ayant un impact direct fort sur la composition, la structure et le fonctionnement des écosystèmes
Nom scientifique Nom commun Indice d'invasibilité Type de comportement
Musa acuminata Bananier ou figue banane 1 Déplacement
Heliconia rostrata Héliconie rostrée 1 Nourrissage du nectar
Camellia japonica Camélia 1 Thermorégulation
Michelia champaca Champac 4 Thermorégulation
Trema orientalis Bois d'Andrèze 4 Thermorégulation
Litsea glutinosa Avocat marron 5 Déplacement
Schinus terebenthifolius Faux poivrier 5 Déplacement
Psidium cattleianum Goyavier 5 Déplacement
Rubus alceifolius Raisin marron 5 Déplacement
Ardisia crenata Bois de Noël 5 Déplacement
Syzygium jambos Jamrosat 5 Thermorégulation
Boehmeria penduliflora Bois de Chapelet 5 Déplacement
Lantana camara Galabert 5 Déplacement
Discussion
Conclusion
Remerciements
AUSTIN, J.J., ARNOLD, E.N., JONES, C.G. 2004. Reconstructing an island radiation using ancient and recent DNA: the extinct and living day geckos (Phelsuma) of the Mascarene islands. Molecular Phylogenetics and Evolution. 31 (1):109-122.
BLANCHARD, F. 2000. Guide des milieux naturels de La Réunion-Maurice-Rodrigues. Ulmer, Paris. 384 pp.
BOUR, R. & MOUTOU, F. 1982. Reptiles et amphibiens de l'île de La Réunion. Info Nature, 19 : 121-156.
BOUR, R., PROBST, J-M., RIBES, S. 1995. Phelsuma inexpectata Mertens 1966, le lézard vert de Manapany les Bains (La Réunion): Données chorologiques et écologiques (Reptilia, Gekkonidae). Dumerilia, 2: 99-124.
CADET, T. 1977. La végétation de l'île de La Réunion : Etude Phytoécologique et Phytosociologique. Thèse de Doctorat, Université d'Aix-Marseille, France. 362 pp.
CHEKE, A.S. 1987. An ecological history of the Mascarene Islands, with particular reference to the extinctions and introductions of land vertebrates. In Diamond A. W.; Cheke A. S. and Elliott H. F. I. (eds.). Studies of Mascarene Island Birds, Cambridge, Univ. Press. pp. 5-89.
DESO, G. 2006. Note sur un type de ponte particulier chez Phelsuma borbonica borbonica (Mertens, 1966) - (Reptilia : Sauriae : Gekkonidae) - Ile de La Réunion. Bulletin Phaethon, 23: 29-36.
FOX, D. 2003. Using exotics as temporary habitat. An accidental experiment on Rodrigues Island. Conservation in Practice, 4 (1) : 32-34.
GIRARD, F. 1995. Observations sur la biologie de Phelsuma borbonica Mertens, 1966 (Reptilia, Gekkonidae). Revue fr. Aquariol., 21 (3-4) : 119-120.
HENKEL, F-W. & SCHMIDT, W. 2000. Amphibians and Reptiles of Madagascar and the Mascarene, Seychelles, and Comoro Islands. Malabar, Florida. Krieger Publishing Company. 316 pp.
LAVERGNE, C. et al. (en prép.) – Checklist des plantes envahissantes et potentiellement envahissantes de L'île de La Réunion.
LOUISIN, J-M. & PROBST, J-M. 1998. Observation de la prédation d’un échenilleur Coracina newtoni sur un Gecko vert Phelsuma borbonica. Bulletin Phaethon, 8 : 103.
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PROBST, J-M. 1995. Note sur la présence du Gecko vert des forêts Phelsuma borbonica sur les poteaux électriques de basse tension (île de La Réunion). Bulletin Phaethon, 2 : 105.
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TRIOLO, J. 2005. Guide pour la restauration écologique de la végétation indigène. ONF. 88 pp.
Sites Internet :
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http://flore.cbnm.org/index.php
UETZ, P. & HALLERMAN, J. 2008. Base de données des Reptiles D’cEmbl. Les Geckonidés. (Mise à jour le 11 février 2008)
http://www.reptiliaweb.org
VAN HEYGEN, E. 2004. Base de données sur les Phelsuma. (Mise à jour le 24 novembre 2004)
http://www.phelsumania.com
Note sur l'utilisation de la flore indigène
et introduite chez
Phelsuma borbonica (Mertens, 1942)
(Sauropsides : Squamates : Gekkonidae)
Ile de La Réunion
et introduite chez
Phelsuma borbonica (Mertens, 1942)
(Sauropsides : Squamates : Gekkonidae)
Ile de La Réunion
* Association Nature Océan Indien, Résidence les Olympiades 1,
97490 Ste Clotilde, Ile de La Réunion, France
(mickael.sanchez974@gmail.com)
** 5 bis rue de la Compagnie, 97 400 St Denis, Ile de La Réunion, France
(jeanne.eis@voilà.fr)
97490 Ste Clotilde, Ile de La Réunion, France
(mickael.sanchez974@gmail.com)
** 5 bis rue de la Compagnie, 97 400 St Denis, Ile de La Réunion, France
(jeanne.eis@voilà.fr)
Résumé : Cette note présente une synthèse des observations du Lézard vert des Hauts, Phelsuma borbonica, sur les plantes indigènes et introduites de l'île de La Réunion. Les premiers résultats sur son habitat et les parcours empruntés quotidiennement sont présentés ici.
Mots clés : Phelsuma borbonica ; flore indigène ; flore introduite ; île de La Réunion.
Summary: This paper presents an observation's synthesis of Reunion Day Gecko, Phelsuma borbonica, on indigenous and introduce plants on Reunion Island. The first results on their habitat and their daily trail are presents here.
Key words: Phelsuma borbonica ; indigenous plants ; introduce plants ; Reunion Island.
Introduction
C’est dans le cadre d'une formation de Master I en "Biologie des Ecosystèmes Tropicaux" menée à l'Université de La Réunion, que le Lézard vert des Hauts Phelsuma borbonica a
fait pour la première fois l’objet d’une étude démographique (Sanchez, 2007). Deux populations ont été étudiées, celles de Grand Etang (Saint-Benoît) et de la Plaine d'Affouches (Saint-Denis).
Les travaux ont notamment porté sur les supports végétaux utilisés par P. borbonica. Pour appréhender les préférences d'habitats, tous les substrats végétaux fréquentés, qu'ils soient
indigènes ou introduits, ont été identifiés. Cette note a pour objet de faire une synthèse des observations réalisées lors de cette étude.
Présentation de Phelsuma borbonica
Le Lézard vert des Hauts est un gecko diurne qui appartient à l’Ordre des Squamates et à la Famille des Gekkonidae. Cette famille comprend 85 genres et plus de 1178 espèces
dans le monde (Uetz & Hallermann, 2008). A La Réunion, on dénombre 10 espèces de geckos dont seulement deux sont endémiques de l’île. Ces dernières appartiennent au Genre Phelsuma et sont
appelées localement : Lézard vert de Manapany, Phelsuma inexpectata (Mertens, 1966) et Lézard vert des Hauts, Phelsuma borbonica (Mertens, 1942), (Bour & Moutou, 1982 ;
Cheke, 1987 ; Bour et al., 1995 ; Girard, 1995 ; Henkel & Schmidt, 2000). Ces deux espèces sont protégées par l'Arrêté ministériel du 17 février 1989 . Le dérangement, la capture, la
naturalisation, le transport, la mise en vente, ou encore l'achat de ces reptiles sont interdits.
A l'intérieur du taxon P. borbonica on distingue trois sous-espèces : P. borbonica borbonica (Mertens, 1966) présent généralement dans les Hauts de l'Est et du Nord de La Réunion, P. borbonica mater (Meier, 1995) localisé dans la région de Basse Vallée dans le Sud et P. borbonica agalegae (Cheke, 1975), endémique des deux îles d'Agalega (Austin et al., 2004 ; Van Heygen, 2004). Le Lézard vert des Hauts, P. borbonica est un gecko diurne pouvant atteindre 16 cm à l'age adulte. Il se nourrit principalement d'insectes, d'araignées, de micro invertébrés, mais aussi de nectar de fleurs et de pulpe de fruits (Probst & Deso, 2001). La sous-espèce étudiée ici est Phelsuma borbonica borbonica.
A l'intérieur du taxon P. borbonica on distingue trois sous-espèces : P. borbonica borbonica (Mertens, 1966) présent généralement dans les Hauts de l'Est et du Nord de La Réunion, P. borbonica mater (Meier, 1995) localisé dans la région de Basse Vallée dans le Sud et P. borbonica agalegae (Cheke, 1975), endémique des deux îles d'Agalega (Austin et al., 2004 ; Van Heygen, 2004). Le Lézard vert des Hauts, P. borbonica est un gecko diurne pouvant atteindre 16 cm à l'age adulte. Il se nourrit principalement d'insectes, d'araignées, de micro invertébrés, mais aussi de nectar de fleurs et de pulpe de fruits (Probst & Deso, 2001). La sous-espèce étudiée ici est Phelsuma borbonica borbonica.
Présentation des sites d’étude
Les deux populations étudiées de P. b. borbonica se situent d’une part à Grand Etang et d’autre part à la Plaine d'Affouches.
Site de Grand Etang
Grand Étang est le seul plan d'eau de moyenne altitude (≈ 500m) de l'île de La Réunion. Alimenté par de nombreuses cascades, son niveau est très variable au cours de l'année. La forêt aux alentours du Grand Etang se situe dans la série mégatherme hygrophile appelée localement forêt de Bois de couleur des Bas (Cadet, 1977). La forêt tropicale humide de basse altitude est principalement composée d’espèces végétales appartenant à la famille des Sapotacées. Le climat est globalement chaud et humide, les pluies sont abondantes (2000 à 5000 mm par an) et réparties sur l’année. La stratification du couvert forestier est relativement complexe et la canopée est dense (Blanchard, 2000). A Grand Etang, la température moyenne annuelle enregistrée sur les trois dernières années au niveau du Chemin de Ceinture est de 22°C. La moyenne des précipitations annuelles enregistrée au niveau du site de Takamaka sur les dix dernières années est de 529 mm (METEO FRANCE, 2007).
Site de La Plaine d’Affouches
La Plaine d'Affouches est localisée sur la Grande Montagne, à environ 1000 mètres d'altitude. Elle se situe dans la série de végétation mésotherme hygrophile nommée communément forêt de Bois de couleur des Hauts. Elle est appelée forêt à Sterculiacées et est dominée par les Mahots (Dombeya sp.). Le site étudié se trouve à environ 800 m d’altitude en bordure de route forestière (RF 20). La végétation est fortement dégradée et constituée essentiellement d’espèces végétales introduites et envahissantes comme le Jamrosat (Syzygium jambos) et le Galabert (Lantana camara). Ces dix dernières années, la température moyenne annuelle enregistrée au Val Fleuri, au Brûlé, est de 18°C. La précipitation moyenne annuelle enregistrée est de 221 mm (METEO FRANCE, 2007).
Espèces végétales indigènes utilisées par le Lézard vert des HautsGrand Étang est le seul plan d'eau de moyenne altitude (≈ 500m) de l'île de La Réunion. Alimenté par de nombreuses cascades, son niveau est très variable au cours de l'année. La forêt aux alentours du Grand Etang se situe dans la série mégatherme hygrophile appelée localement forêt de Bois de couleur des Bas (Cadet, 1977). La forêt tropicale humide de basse altitude est principalement composée d’espèces végétales appartenant à la famille des Sapotacées. Le climat est globalement chaud et humide, les pluies sont abondantes (2000 à 5000 mm par an) et réparties sur l’année. La stratification du couvert forestier est relativement complexe et la canopée est dense (Blanchard, 2000). A Grand Etang, la température moyenne annuelle enregistrée sur les trois dernières années au niveau du Chemin de Ceinture est de 22°C. La moyenne des précipitations annuelles enregistrée au niveau du site de Takamaka sur les dix dernières années est de 529 mm (METEO FRANCE, 2007).
Site de La Plaine d’Affouches
La Plaine d'Affouches est localisée sur la Grande Montagne, à environ 1000 mètres d'altitude. Elle se situe dans la série de végétation mésotherme hygrophile nommée communément forêt de Bois de couleur des Hauts. Elle est appelée forêt à Sterculiacées et est dominée par les Mahots (Dombeya sp.). Le site étudié se trouve à environ 800 m d’altitude en bordure de route forestière (RF 20). La végétation est fortement dégradée et constituée essentiellement d’espèces végétales introduites et envahissantes comme le Jamrosat (Syzygium jambos) et le Galabert (Lantana camara). Ces dix dernières années, la température moyenne annuelle enregistrée au Val Fleuri, au Brûlé, est de 18°C. La précipitation moyenne annuelle enregistrée est de 221 mm (METEO FRANCE, 2007).
Lors de cette étude 18 espèces végétales indigènes utilisées par le Lézard vert ont été recensées. Celles-ci sont listées ci-dessous et leur origine est précisée (CBNM, 2007).
Nom scientifique Nom commun Origine Type de comportement
Agarista salicifolia Bois de rempart Indigène des Mascareignes Thermorégulation
Antidesma madagascariensis Bois de cabri blanc Indigène Réunion, Maurice Déplacement
Antirhea borbonica Bois d'osto Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Doratoxylon apetalum Bois de gaulette Indigène des Mascareignes et de Madagascar Déplacement
Dictyosperma album Palmiste blanc Endémique Réunion, Maurice Thermorégulation
Dracaena reflexa Bois de chandelle Indigène des Mascareignes Thermorégulation
Ficus mauritiana Affouche rouge Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Gaertnera vaginata Losto café Endémique Réunion Déplacement
Geniostoma borbonicum Bois de piment Endémique Réunion Thermorégulation
Homalium paniculatum Corce blanc Endémique Réunion, Maurice Thermorégulation
Nuxia verticillata Bois maigre Endémique Réunion, Maurice Thermorégulation
Pandanus purpuraescens Vacoa des hauts Endémique Réunion Thermorégulation
Pandanus sylvestris Petit vacoa Endémique Réunion Thermorégulation
Pittosporum senacia Bois de joli cœur Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Psiloxylon mauritianum Bois de goyave marron Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Tambourissa elliptica Bois de bombarde Endémique Réunion Thermorégulation
Turraea thouarsiana Bois de quivi Endémique Réunion, Maurice Déplacement
Vernonia fimbrillifera Bois de sapo Endémique Réunion Déplacement
Photo 1. P. b. borbonica sub-adulte sur un Bois de piment,
Geniostoma borbonicum (site de Grand Etang).
Photo : M. Sanchez
Geniostoma borbonicum (site de Grand Etang).
Photo : M. Sanchez
Photo 2. P. b. borbonica sub-adulte sur un Petit vacoa,
Pandanus sylvestris (site de la Plaine d'Affouches).
Photo : J-M. Probst.
Espèces végétales exotiques utilisées par le Lézard vert des Hauts
Le Lézard vert utilise également des plantes introduites souvent nommées "exotiques". Il existe 826 espèces exotiques sur l'île de La Réunion, soit près de la moitié des
espèces présentes (1708 espèces) (CBNM, 2007).
Les espèces introduites utilisées par le Lézard vert sont recensées et listées ci-dessous. Ces espèces sont annotées d'un numéro indiquant leur indice d'invasibilité (indice utilisé dans l'Index de la Flore vasculaire de la Réunion proposé par C. Lavergne) (Lavergne et al., en prep).
Les espèces introduites utilisées par le Lézard vert sont recensées et listées ci-dessous. Ces espèces sont annotées d'un numéro indiquant leur indice d'invasibilité (indice utilisé dans l'Index de la Flore vasculaire de la Réunion proposé par C. Lavergne) (Lavergne et al., en prep).
0 : taxon exotique insuffisamment documenté, non encore coté
1 : taxon exotique non envahissant
2 : taxon exotique potentiellement envahissant
3 : taxon exotique envahissant se propageant uniquement dans les milieux régulièrement perturbés par les activités humaines
4 : taxon exotique envahissant se propageant dans les milieux naturels ou semi-naturels
5 : taxon exotique très envahissant, ayant un impact direct fort sur la composition, la structure et le fonctionnement des écosystèmes
Nom scientifique Nom commun Indice d'invasibilité Type de comportement
Musa acuminata Bananier ou figue banane 1 Déplacement
Heliconia rostrata Héliconie rostrée 1 Nourrissage du nectar
Camellia japonica Camélia 1 Thermorégulation
Michelia champaca Champac 4 Thermorégulation
Trema orientalis Bois d'Andrèze 4 Thermorégulation
Litsea glutinosa Avocat marron 5 Déplacement
Schinus terebenthifolius Faux poivrier 5 Déplacement
Psidium cattleianum Goyavier 5 Déplacement
Rubus alceifolius Raisin marron 5 Déplacement
Ardisia crenata Bois de Noël 5 Déplacement
Syzygium jambos Jamrosat 5 Thermorégulation
Boehmeria penduliflora Bois de Chapelet 5 Déplacement
Lantana camara Galabert 5 Déplacement
Photo 3. P. b. borbonica mâle sur l'Héliconie rostrée,
Heliconia rostrata (route de Grand Etang).
Photo : M. Sanchez.
Photo 4. P. b. borbonica adulte sur un Goyavier,
Psidium cattleianum (sentier pédestre de Grand Etang).
Photo : S. Schneider.
Certaines plantes envahissantes font office de source de nourriture, de passerelles entres les arbres, ou encore de sites de thermorégulation. En effet, le Lézard vert a été
observé s’alimentant du nectar de l'Héliconie rostrée dans un jardin créole, se déplaçant sur du Raisin marron ou encore, en bord de route, prenant des bains de soleil sur un Champac et un Bois
d'Andrèze.
Discussion
P. b. borbonica est une espèce connue pour s'adapter à divers supports tels que les poteaux électriques, les coffrets EDF ou encore les kiosques mis en place par
l'Office National des Forêts (Probst, 1995). Les supports peuvent être utilisés comme simples substrats ou encore faire office de sites de pontes (Deso, 2006). La présence de plantes introduites
ne semble pas empêcher l'espèce d'occuper le milieu. P. b. borbonica utilise ainsi des plantes non indigènes comme substrat (Jamerosat, Syzygium jambos) ou comme source de nourriture
(nectar de l'Héliconie rostrée, Heliconia rostrata). Sur le site d'étude de la Plaine d'Affouches le Jamerosat est l'espèce végétale spatialement prédominante. En ces lieux, le Lézard
vert est très présent sur cette plante et semble contraint d’utiliser ce support végétal.
De plus, les supports disposés de manière horizontale, qu'ils soient indigènes ou introduits font fréquemment office de "passerelle" entre deux arbres. En effet, le Lézard vert des Hauts a été fréquemment observé parcourant de nombreux supports horizontaux tels que le Raison marron ou des troncs cassés de Jamrosat, dans le but de rejoindre un support vertical. Il semble que l'espèce évite de parcourir le sol et préfère utiliser ces "passerelles" pour rejoindre deux supports horizontaux. Cette hypothèse a été testée en ajoutant artificiellement une passerelle horizontale (branche de Goyavier) entre un kiosque ONF (isolé de la végétation) et un arbre isolé. La plupart des Phelsuma ont quitté le kiosque par cette voie au cours de la journée d'observation. Trois hypothèses peuvent expliquer ce comportement :
- Ces cheminements aériens sont plus aisés et plus rapides.
- Par cette voie les Phelsuma évitent la prédation au sol par les rats, les chats, les musaraignes et les crapauds.
- Les Phelsuma sont attirés par un nouveau support présent dans leur environnement.
De plus, les supports disposés de manière horizontale, qu'ils soient indigènes ou introduits font fréquemment office de "passerelle" entre deux arbres. En effet, le Lézard vert des Hauts a été fréquemment observé parcourant de nombreux supports horizontaux tels que le Raison marron ou des troncs cassés de Jamrosat, dans le but de rejoindre un support vertical. Il semble que l'espèce évite de parcourir le sol et préfère utiliser ces "passerelles" pour rejoindre deux supports horizontaux. Cette hypothèse a été testée en ajoutant artificiellement une passerelle horizontale (branche de Goyavier) entre un kiosque ONF (isolé de la végétation) et un arbre isolé. La plupart des Phelsuma ont quitté le kiosque par cette voie au cours de la journée d'observation. Trois hypothèses peuvent expliquer ce comportement :
- Ces cheminements aériens sont plus aisés et plus rapides.
- Par cette voie les Phelsuma évitent la prédation au sol par les rats, les chats, les musaraignes et les crapauds.
- Les Phelsuma sont attirés par un nouveau support présent dans leur environnement.
Conclusion
Cette étude montre que le Lézard vert des Hauts peut s'adapter à des substrats n'étant pas originellement présent dans le milieu. Il est à noter qu'autrefois l'espèce était
présente dans tous les types de forêts de l'île de La Réunion, du littoral jusqu'à 1400 m (Probst, 2001) et parfois jusqu’à 2100 m d’altitude (Probst, 2002). Aujourd'hui les populations de
lézards verts sont réduites et dispersées sur le territoire réunionnais. Afin d'éviter la perte de ces dernières populations, il semble que certaines plantes introduites abritant les lézards
verts seraient à prendre en considérations lors d’entretien et de restauration des milieux forestiers réunionnais. J. Triolo (2005) préconise un contrôle raisonné des plantes introduites
envahissantes en restaurant le milieu de manière progressive. Il conseil de garder une partie des arbres exotiques jusqu'à ce que les plantes indigènes aient atteint une certaine taille et
qu'elles puissent à nouveaux être utilisées comme support par la faune indigène (Fox, 2003 ; Triolo, 2005).
Cette étude souligne plusieurs interrogations :
- Dans quelle mesure le Lézard vert peut-il s'adapter aux plantes introduites ? Quelle est l'ampleur des interactions qu'il entretien avec celles-ci ?
- Avec quelle fréquence le Lézard vert utilise ces "passerelles" horizontales ?
Des études complémentaires sont nécessaires pour répondre à ces questions. Si une utilisation préférentielle de "passerelles" aériennes est confirmée par une étude scientifique, ce paramètre pourrait être pris en compte dans l'application d’actions conservatoires.
Cette étude souligne plusieurs interrogations :
- Dans quelle mesure le Lézard vert peut-il s'adapter aux plantes introduites ? Quelle est l'ampleur des interactions qu'il entretien avec celles-ci ?
- Avec quelle fréquence le Lézard vert utilise ces "passerelles" horizontales ?
Des études complémentaires sont nécessaires pour répondre à ces questions. Si une utilisation préférentielle de "passerelles" aériennes est confirmée par une étude scientifique, ce paramètre pourrait être pris en compte dans l'application d’actions conservatoires.
Remerciements
Nous tenons vivement à remercier les personnes nous ayant encadré et guidé tout au long de cette étude : J-M. Probst, F. Guérin, B. Descamps Julien, G. Deso et M.
Lecorre. Mais aussi toutes les personnes qui ont contribuées de près ou de loin telles que D. Strasberg, K. Marion, J. Fournel, C. Micheneau, L. Humeau, F. Girard, C. Ah-Peng et A. Gandar.
Références bibliographiquesAUSTIN, J.J., ARNOLD, E.N., JONES, C.G. 2004. Reconstructing an island radiation using ancient and recent DNA: the extinct and living day geckos (Phelsuma) of the Mascarene islands. Molecular Phylogenetics and Evolution. 31 (1):109-122.
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FOX, D. 2003. Using exotics as temporary habitat. An accidental experiment on Rodrigues Island. Conservation in Practice, 4 (1) : 32-34.
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