PROBST, J.M. 1995. Un nicheur nouveau pour La Réunion : la Veuve dominicaine Vidua macroura. Bull. Phaethon, 1 : 49.

Publié le par Jean-Michel PROBST

Bulletin Phaethon, 1995, 1 : 49.

Un nicheur nouveau pour La Réunion :
la Veuve dominicaine Vidua macroura

Jean-Michel Probst*

*Nature & Patrimoine
, 2 allée Mangaron Dos d’Ane,
97 419 La Possession

    La Veuve dominicaine est un petit oiseau introduit originaire d’Afrique. De la famille des Viduidae, cette espèce se caractérise par sa petite taille, son bec rose et surtout par la longue queue fourchue du mâle en plumage nuptial.

    DESCRIPTION. Longueur : 30-33 cm (mâle), 11-13 cm (femelle).

    Adulte. Dimorphisme sexuel perceptible. Le plumage du mâle présente une variation saisonnière.

    Mâle nuptial. Tête à calotte et menton, noirs, entourées d’un bandeau blanc ; iris brun noir ; petit bec conique rouge ; parties supérieures noires ; ailes noires et blanches ; parties ventrales entièrement blanches ; longue queue avec les rectrices centrales noires ; tarses et doigts rose clair.

    Mâle internuptial. Diffère du mâle en plumage nuptial par l’absence de la longue queue noire fourchue.

    Femelle. Tête blanche striée de bandes brun noir ; petit bec conique, rose rouge ; iris de l’œil brun noir.

    Immature. Diffère du plumage de la femelle par les zones foncées des parties dorsales, par les marbrures de la tête plus pâles et par le bec rose pâle.

    La Veuve dominicaine est une espèce grégaire qui se déplace souvent en petits groupes et à proximité des troupes de bec rose. Lors de la période nuptiale, nous avons observé le mâle exécuter une danse juste aux cotés de la femelle. Il se maintient en faisant du sur-place comme suspendu en l’air tout en papillonnant des ailes et en hochant vigoureusement de la queue.
Elle fréquente préférentiellement les zones ouvertes contenant à la fois des graminées et une couverture arbustive ou arborée, les parcs, les jardins, les parcours de golf.

    Essentiellement granivore, elle recherche les mêmes terrains herbacés que le bec rose.

    Dans notre île, la Veuve dominicaine a été observée dans 5 stations différentes : dans la ville du Port (Parc boisé), à l'Ouest de Saint-Gilles (ravine des 3 bassins de Saint-Gilles), au Nord-Est de Saint-Louis (Golf de l'Hermitage), au Sud de Saint-Denis (rampe de Saint-François). Depuis février 1990, la population la plus florissante de l’île semble être localisée dans une zone comprenant essentiellement le golf de l'Hermitage et s’étendant parfois jusqu’à la partie arbustive de l’étang du Gol.

    D'après des habitués du site, cette espèce se serait échappée des volières du Jardin d'oiseaux de l’Étang-Salé. Trois visites réalisées en juin 95 ont permis de comptabiliser un maximum de 9 oiseaux (4 mâles et 5 femelles). Signalons que la Veuve ne présente pas de danger pour l'avifaune de La Réunion. Comme le Coucou de métropole, ce petit oiseau parasite le Bec rose Estrilda astrild, peut être le Damier Lonchura punctulata.

    La reproduction de cette espèce dans notre île est certaine puisque, la parade nuptiale du mâle a été observée fin 1994 dans la population de Saint-Louis, et que plusieurs groupes de juvéniles ont été remarqués. D’après Camille Ferry (Comm. pers.) un mâle peut s’accoupler avec plusieurs femelles (jusqu’à six pendant la même saison de nidification). La femelle fécondée pond dans un nid de bec rose Estrilda astrild qui va prendre soin de l’œuf, du poussin et du jeune jusqu’à son émancipation.

    Le suivi de la démographie de cette espèce sera intéressant à suivre. Signalons que cette nouvelle espèce introduite ne présente pas, à notre connaissance, de danger pour l’agriculture.
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