PROBST, J.M. 1999. Le Merle pays Hypsipetes borbonicus. Bull. Phaethon, 9 : 22-23.

Publié le par Jean-Michel PROBST

Bulletin Phaethon, 1999, 9 : 22-23.

Fiche « patrimoine naturel à protéger »

Le Merle pays Hypsipetes borbonicus

Jean-Michel Probst*

*Nature & Patrimoine, 2 Allée Mangaron, Dos d’Ane, 97 419 La Possession

L’oiseau décrit ci-après est une espèce d’oiseau forestier de l’ordre des Passereaux. Il fait partie de la famille des Pycnonotidae qui contient 140 espèces dans le monde. Deux espèces se rencontrent à La Réunion : le Merle pays qui est endémique de La Réunion et une autre, introduite, le Bulbul orphée - Pycnonotus jocosus  considérée comme une peste animale.

MERLE PAYS
Hypsipetes borbonicus (Gmelin, 1789)
Français : Bulbul de La Réunion.
Anglais : Reunion Bulbul.
Allemand : Reunionbülbül.

Distribution dans l'Océan Indien.
Espèce monotypique, endémique de l’Ile de La Réunion.

DESCRIPTION. Longueur : 22 cm. Poids : 51-57 g.

Adulte. Dimorphisme sexuel à peine perceptible (le mâle a une crête érectile légèrement plus haute dans l’axe longitudinal de la tête). Tête gris ardoisé à calotte noire érectile ; iris de l'œil blanc bleuté ; bec orange vif ; parties supérieures du dos, des ailes et de la queue, gris foncé mêlé de brun et de reflets gris vert ; ailes grises, teintées de brun ; parties ventrales grises, légèrement cendrées, s'éclaircissant progressivement vers le ventre, sous caudales blanc crème ; tarses et doigts jaunes.

Immature. Tête grise plus ronde (sans huppe érectile), iris noir ; plumage gris uniforme et écaillé de liserés blanc crème sur le dessus ; bec rose ; parties ventrales grises plus éclaircies et mouchetées de gris foncé ; tarses et doigts roses.

IDENTIFICATION. Oiseau forestier gris noir de taille moyenne avec un bec et des pattes jaune orange. Mesures de l’oiseau en main : Aile : 111-118 mm (mâle), 102-119 mm (femelle). Bec : 19-21 mm. Tarse : 23-26 mm. Queue : 92-100 mm.

VOIX. Le merle pays se signale par son chant flûté, mélodieux et varié avec des strophes souvent répétées ou parfois par une note flûtée isolée « uuiiiitt ». Son cri d'alarme fait penser à un miaulement plaintif de chat, mais lorsqu’il se sent plus en danger, il lance un jacassement rauque et s’envole aussitôt.


Photo : Merle pays sur une liane introduite envahissante, le raisin marron Rubus alceifolius
(© Alain Fossé)

COMPORTEMENT. Il se déplace généralement par couple ou en petits groupes. Curieux mais craintif, il parcourt le haut des arbres en se cachant souvent derrière le feuillage. Véritable guetteur de la forêt, c’est souvent lui qui alerte ses autres congénères et le peuple des oiseaux en entier lorsqu’une perturbation est détectée. Le merle pays se perche parfois longtemps à l’extrémité d’une branche et répète inlassablement ses phrases flûtées. On le trouve parfois au sein des grandes troupes d’oiseaux blancs et, à cette occasion, il descend alors souvent près du sol.

NIDIFICATION. La reproduction a été constatée de juillet à décembre. Le nid, en coupe grossière, est installé à la fourche d'un arbre (Change écorce Aphloia theiformis, Mahots Dombeya sp.). Il est constitué de brindilles, de mousses, de racines, de fibres végétales et garni de feuilles. La femelle pond 2-3 œufs (28-32 x 19-21 mm ; 6-7 g.), blanc rosé mouchetés de gris et de brun rouge. Les jeunes sont nourris par les adultes pendant au moins deux mois.

MILIEU. Le merle pays est exclusivement forestier. Il est généralement cantonné dans les zones de végétation indigènes qui subsistent en altitude. Il redescend après chaque saison de nidification dans les Bas de l’île en suivant l’axe des ravines arborées.

ALIMENTATION. Il se nourrit de fruits d'espèces indigènes qu’il avale entièrement (Anthirea verticillata, Aphloia teiformis, Bertiera rufa, Cordyline mauritiana, Eugenia buxifolia, Ficus laterifolia, F. rubra). Il picore également la pulpe des fruits indigènes (Callophyllum tacamahaca, Diospyros sp.), ou de fruits d’espèces introduites (Litsea glutinosa, Psidium cattleianum, Rubus alceifolius, Lantana camara, Carica papaya, Dyospiros sp.). Plus rarement, il a été observé en train de se nourrir de fleurs (Nuxia verticillata). Pendant le nourrissage des jeunes, il capture essentiellement des insectes et leurs larves (Coléoptères, Diptères, Lépidoptères).

STATUT ET REMARQUES. Le Merle pays est une espèce endémique de La Réunion qui est aujourd’hui cantonnée dans la plupart des forêts indigènes des Hauts. Activement chassées à la colle et au fusil, repoussées par l'installation récente du merle de Maurice Pycnonotus jocosus, les populations de cette espèce semblent en diminution dans toute l'île. À Maurice, une espèce endémique Hypsipetes olivaceus est proche de l’extinction. À Rodrigues, l’espèce endémique Hypsipetes rodericanus a disparu suite à la déforestation. D’autres espèces se rencontrent dans les îles de l’Océan Indien : H. madagascariensis  à Madagascar, H. parvirostris aux Comores, H. crassirostris aux Seychelles. Le Merle pays est inscrit sur la liste des espèces protégées de l’île de La Réunion (Arrêté ministériel du 17 février 1989).

REFERENCES. Barré & Barau, 1982 ; Barré, Barau & Jouanin, 1996 ; Cheke, 1975 ; Cheke & Jones, 1987 ; Horne, 1987 ; Langrand, 1986, 1990, 1995 ; Louette, 1988, 1999 ; Probst 1997, 1998, 1999 ; Sibley & Monroe, 1993 ; Skerett, 1992.

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Guillermet Christian 26/07/2008 19:07

Salut Jean Mi,Je découvre ton blog très intéressant.Des petites remarques :- Henotesia narcissus de Maurice est à renommer. Il faudrait en faire les genitalia pour le comparer aux autres sous-espèces. Je suis preneur.- Ecrire Parnara naso naso- Melanitis leda helenaCf. mon livre sur les papillons diurnes de La Réunion publié par l'association NDP de Pascal Colas.Tu y trouveras tous les détails.Amicalement.Christian