PROBST, J.M. 1999. L'Oiseau blanc ou Zostérops gris des Mascareignes Zosterops borbonica. Bull. Phaethon, 10 : 106-107.

Publié le par Jean-Michel PROBST

Bulletin Phaethon, 1999, 10 : 106-107.

Fiche « patrimoine naturel à protéger »

L’Oiseau blanc ou Zostérops gris des Mascareignes
Zosterops borbonica


Jean-Michel Probst*

* Nature & Patrimoine, 2 Allée Mangaron, Dos d'Ane, 97 419 LA POSSESSION


L’oiseau décrit ci-après est une espèce d’oiseau forestier de l’Ordre des Passeriformes. Il fait partie de la Famille des Zosteropidae qui comporte 76 espèces dans le monde dont 10 se rencontrent sur quelques îles de l’Océan Indien. L’Oiseau blanc ou Zostérops gris des Mascareignes est représenté par une sous-espèce endémique de La Réunion.


OISEAU BLANC
Zosterops borbonica (Boddaert, 1783)
Créole :  Tilit, Lilit, Bek fen (La Réunion), Pic pic, Zozo maniok (Maurice).
Français : Oiseau gris, Zostérops des Mascareignes.
Anglais : Mascarene Grey White-eye.
Allemand : Maskarenbrillenvogel.
Espagnol : Pajaro de Mascarena.

Distribution dans l’Océan Indien.
Z. b. borbonica  (Boddaert, 1783) - endémique de La Réunion.
Z. b. mauritiana  (Gmelin, 1789) - endémique de Maurice.


DESCRIPTION. Longueur : 9-12 cm. Poids : 5,5-11 g.

Adulte. Dimorphisme sexuel non perceptible. Plumage variable avec chez certains individus, des races géographiques (dominances brunes, grises ou brun gris).

Phase brune. Tête brune ; petit bec fin ; iris brun rouge ; dessus brun foncé ; parties ventrales brun clair avec un liseré blanc au niveau de l’attache de l’aile ; croupion blanc ; aile et queue brunes et grisâtres ; tarses et doigts gris clair.

Phase grise. Tête uniformément grise ; dos et parties supérieures gris foncé ; petit bec fin ; iris brun rouge ; parties ventrales grises plus claires, parfois avec un liseré blanc au niveau des axillaires ; croupion gris, parfois blanc sale ; aile et queue grises asses foncées et teintée de brun ; tarses et doigts gris clair (Bourg Murat, Piton de la Fournaise).

Phase intermédiaire. Tête grise ; dos et parties supérieures gris foncé ; petit bec fin ; iris brun rouge ; parties ventrales gris clair avec une tache brune et un liseré blanc au niveau de l’attache de l’aile ; croupion blanc ; aile et queue grises à peine plus foncées ; tarses et doigts gris clair.

Immature. Plumage semblable à l’adulte mais à dominance brune dessus et à dominance brun gris dessous ; bec jaune clair ; ailes et rectrices moins développées.

IDENTIFICATION. Ce petit oiseau gris brun possède, la plupart du temps, un anneau blanc autour de la queue rejoignant le croupion et les sous-caudales (une forme est entièrement grise). La coloration est très variable suivant les régions et parfois même entre les membres d’un même groupe. Certains oiseaux présentent une forme albinos. Mesures de l’oiseau en main : Aile : 52-60 mm (mâle), 51-59 mm (femelle). Bec : 12-16 mm. Tarse : 17-22 mm. Queue : 39-45 mm.

COMPORTEMENT. Espèce très active, généralement en groupe (5 à 20 individus, parfois à plus de 200) en dehors de la saison de reproduction. L’oiseau gris compose généralement la base des groupes plurispécifiques se déplaçant dans les forêts. Pendant l’intersaison, il descend le long des ravines arborées. Lors de la recherche de nourriture, il pratique parfois le vol sur place.

NIDIFICATION. Elle a été constatée d’août à janvier (décalage d’environ un mois entre les Hauts et les Bas de l’île). Le nid, d’aspect fragile, est une coupe profonde suspendue à l’extrémité d’une branche d’un arbre introduit (Filaos Casuarina equisetifolia, Tamarin Tamarinus indica, Faux poivrier Schinus terebentifolius) ou d’un arbre indigène (Tamarin des Hauts Acacia heterophylla). Il peut aussi être installé au milieu d’un arbuste bas (Branle vert Philippia montana, Branle filao P. arborescens, Fleur jaune Hypericum lanceolatum). Il est constitué de fines brindilles, de mousses, de poils, de fibres végétales et de graminées. La ponte est de 2-4 œufs (17-19 x 13-14 mm ; 1-2 g.), bleu pâle. L’incubation est assurée par les deux parents et dure de 10-12 jours.

MILIEU. Plutôt forestier, il s'accommode également des zones arbustives d’altitude ou des zones de savanes dans lesquels subsiste quelques buissons. Il niche également en pleine ville dans les espaces verts et dans les jardins particuliers.

ALIMENTATION. L’oiseau blanc est essentiellement insectivore (Diptères, Lépidoptères, Orthoptères, Hétéroptères, Coléoptères, Odonates). Il est également amateur de pulpe de fruits forestiers (Aphloia teiformis, Bertiera rufa, Dyospiros sp., Pittosporum senacia, Psiloxylon mauritianum) de fruits d’espèces introduites (Fuchsia magellanica, Lantana camara, Psidium cattleianum, Schinus terebinthifolius, Sysygium jambos). Il est également nectarivore. On le rencontre près des bosquets d’arbres et arbustes de fleurs indigènes. Comme l’Oiseau vert, il consomme parfois le nectar des fleurs indigènes (Agauria buxifolia, A. salicifolia, Dombeya ferruginea, Dombeya sp., Forgesia racemosa, Gaertnera vaginata, Hypericum lanceolatum, Sophora denudata, Trochetia granulata, Dombeya sp.) et celui des fleurs introduites (Erythrina variegata, Plumeria rubra, Cuphea ignea, Hedychium flavescens, H. gardnerianum, Alamanda cathartica, Acalypha hispida, Calistemon citrinus, Agave vera-cruz).



STATUT ET REMARQUES. L’oiseau gris est représenté par la sous-espèce Z. b. borbonica, endémique de La Réunion. Avec une population estimée à plus de 450 000 individus, c’est l’oiseau endémique le plus commun de l’île et le seul qui se soit adapté si bien à la présence humaine. Des troupes d’oiseaux se sont parfaitement adaptées aux jardins des villes et viennent régulièrement aux mêmes heures se faire arroser sous le jet d’eau du jardinier. Une sous-espèce proche Z. b. mauritiana se rencontre à Maurice. L'oiseau gris est inscrit sur la liste des espèces protégées de l’île de La Réunion (Arrêté ministériel du 17 février 1989).

REFERENCES. Barré & Barau, 1982 ; Barré, Barau & Jouanin, 1996 ; Cheke, 1975 ; Cheke & Jones, 1987 ; Couteyen & Ivoula, 1996 ; Gill, 1973 ; Horne, 1987 ; Langrand, 1995 ; Louette, 1988 ; Probst, 1996, 1997, 1998 ; Sibley & Monroe, 1993 ; Staub, 1988.

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