PROBST, J.M. 2001. La faune remarquable des ravines - Les chauves-souris. Bull. Phaethon, 13 : 55.

Publié le par Jean-Michel PROBST

Bulletin Phaethon, 2001, 13 : 55.

La faune remarquable des ravines
Les chauves-souris

Jean-Michel Probst*

*Nature & Patrimoine, 2 Allée Mangaron, Dos d'Ane, 97 419 LA POSSESSION

Les ravines représentent un des éléments indissociables du paysage réunionnais. Plus ou moins étendues, profondes et à des altitudes variables, elles abritent une faune mammalienne particulière qui souvent s’y réfugie lorsque les biotopes des alentours sont détruits. Les mammifères des ravines regroupent principalement des espèces introduites qui trouvent ici un refuge hors de la portée des hommes. Le Tangue, la musaraigne, les rats et les souris y sont presque partout présents. Dans les zones de distribution du Cerf, les remparts des ravines, et parfois des vires en falaise, sont très souvent des lieux de repos diurne.

Les chauves-souris

Les ravines, particulièrement celles qui sont dotées de parois rocheuses verticales et qui possèdent
des fissures, des surplombs ou des cavités naturelles sont le lieu de prédilection de deux mammifères indigènes survivants, deux chauves-souris insectivores :

-Chauve-souris à ventre blanc ou Taphien Taphozous mauritianus

-Petite Chauve-souris ou Petit molosse Mormopterus acetabulosus

Photo de Petit Molosse  à la ravine Trois Bassins (© Karine Marion)

Elles trouvent dans ces lieux, à la fois une multitude de gîtes diurnes, et pendant la nuit, une variété d’insectes nocturnes souvent plus diversifiés qu’aux alentours (zone de lisière d’habitats, zone d’ascendance pour les insectes, etc.).

La première est plutôt rencontrée dans les Bas. Dans ces moments de repos, elle affectionne les troncs des Lataniers et de certains palmiers ainsi que les troncs des arbres à écorce rugueuse (Tamarin de l’Inde, Filaos, etc.). Parfois, on la rencontre également dans les fissures des falaises, dans les surplombs ou encore sous les porches des grottes.

La deuxième espèce est régulièrement observée dans les ravines. Elle affectionne les zones humides (étangs, cours d’eau, marais, etc.), les forêts, les zones ouvertes, etc. Elle est assez commune et a été répertoriée en action de chasse du littoral jusqu’à 2300 mètres d’altitude. Dans quelques gîtes diurnes, on peut rencontrer les deux espèces ensemble.

Dans une ravine de l’Ouest, nous avons remarqué l’exploitation du guano d’une importante colonie de Petit molosse. Cette activité non contrôlée risque d’entraîner la disparition de la colonie.

En effet, si l’extraction a lieu pendant la reproduction des chauves-souris, le simple fait de passer sous la colonie provoque l’envol de nombreux individus. L’affolement gagne l’ensemble de la colonie et des jeunes risquent de tomber sur le guano sans pouvoir remonter jusqu’à la colonie. Ils sont alors abandonnés. S’ils ne sont pas dévorés par un rat ou un chat, ces juvéniles, incapables de se nourrir, meurent progressivement de faim.

Bibliographie

COLAS, P. 1995. Le paradis du canyoning. Maison de la montagne, 1-335.

COMPAIN, J.D. 1999. Paysages & aménagement à l’île de La Réunion. CAUE, 1-80.

PROBST, J-M. 1997. Animaux de La Réunion - guide d’identification des oiseaux, mammifères, reptiles et amphibiens. édt. azalées, 1-168.

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