PROBST, J.M. et TURPIN, A. 1996. Disparition d’une population de Gecko de Manapany dans le secteur littoral de Saint-Joseph. Bull. Phaethon, 6 : 104.

Publié le par Jean-Michel PROBST

Bulletin Phaethon, 1997, 6 : 104.

Disparition d’une population de Gecko vert de Manapany Phelsuma inexpectata dans le secteur littoral de Saint-Joseph

 Jean-Michel Probst* & Agnès Turpin*
*Nature & Patrimoine, 2 Allée Mangaron, Dos d'Ane, 97419 LA POSSESSION

    Le Gecko de Manapany a fait l’objet d’une étude récente sur sa répartition (Bour, Probst & Ribes, 1995). Lors de cette étude, un site particulier a attiré notre attention en raison de sa densité peu commune en individus. Le 18/11/94, sur le littoral de Saint-Joseph, nous avons en effet noté 82 individus en interrompant le comptage pour des raisons horaires. Après cette recherche sur sa répartition, j’ai tenté de comptabiliser l’ensemble de la population, située entre et la pointe de la Cayenne et la ravine des Grègues. Le 1/10/1995, j’ai ainsi pu enregistrer pas moins de 105 individus disposés essentiellement sur les troncs de Vacoas mais aussi de lataniers et dans une moindre mesure sur les feuilles de Chocas vert.

    Au début de cette année (1997), malgré 3 sorties et une attention redoublée, je n’ai retrouvé que 2 individus. Que s’est-il donc passé ? Quel est le facteur de cet incroyable effondrement de population ?


Du point de vue structurale, la haie arbustive délimitant il y a peu de temps encore les champs avoisinants de la bordure littorale a été presque entièrement supprimée. Les traitements des cultures agroalimentaires seraient-ils en partie responsables de cette disparition soudaine ?

    On peut se rappeler qu’à Sainte Marie, la population introduite du Gecko vert de Maurice P. cepediana a disparu suite à l’épandage de produits phytosanitaires. Peu inoffensifs lorsque la haie était dense, on peut penser que ces mêmes produits se sont répandus jusque sur le littoral en l’absence de rempart physique.

    Une autre raison a été évoquée par Carl Jones (Comm. pers.) qui pense qu’il peut s’agir de collectionneurs / vendeurs qui auraient effectué leur récolte. Il est certain que notre lézard est commercialisé en Europe (notamment en France, Allemagne et Belgique) mais il semble que la disparition semble trop importante pour être attribuée à cette seule nuisance.

    S’agit-il seulement de paramètres écologiques qui nous échappent encore ? Il est certain que la haie d’autrefois présentait à la fois une barrière contre les produits phytosanitaires mais aussi contre le vent, les intempéries, etc.

    Afin de reconstituer cette population autrefois florissante, la reconstitution de cette haie devrait être sérieusement envisagée et tout travaux d’aménagement effectués dans la zone de répartition du Lézard vert de Manapany faire l’objet de discussion préalables avec les scientifiques.

Bibliographie

BOUR, R. ; PROBST, J.M. et S. RIBES 1995. Phelsuma inexpectata Mertens 1966, le lézard vert de Manapany-les-Bains (La Réunion) : données chorologiques et écologiques (Reptilia, Gekkonidae). Dumerilia, 2 : 99-124.

PROBST, J-M. 1997. Animaux de La Réunion - guide d’identification des oiseaux, mammifères, reptiles et amphibiens. édt. azalées, 1-168.
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