PROBST, J.M. 1995. Note sur la présence du Gecko vert des forêts Phelsuma borbonica sur les poteaux électriques de basse tension (île de La Réunion). Bull. Phaethon, 2 : 105.

Publié le par Jean-Michel PROBST

Bulletin Phaethon, 1995, 2 : 105.

Note sur la présence du Gecko vert des forêts Phelsuma borbonica sur les poteaux électriques de basse tension (île de La Réunion)

Jean-Michel Probst*

*Nature & Patrimoine, 2 Allée Mangaron, Dos d'Ane, 97419 LA POSSESSION

Introduction

    Le Gecko vert des forêts Phelsuma borbonica est une espèce de reptile endémique de La Réunion (Bour & Moutou, 1982). Notons toutefois que d’après certains auteurs, il existerait 2 sous-espèces endémiques : Celle de La Réunion P. b. borbonica (Mertens, 1966) et le Gecko vert d’Agalega, P. b. agalega (Cheke, 1975). Notre espèce est localisée dans le Nord, l’Est et le Sud de l’île. Au niveau altitudinal, les observations extrêmes ont été réalisées dans la région Sud de l’île à Saint Philippe : un individu a été trouvé à 30 mètres d’altitude à Saint Philippe et un couple à 1400 mètres au Baril. Dans la région Nord, plus dégradée, les populations sont extrêmement isolées : un petit groupe d’individus à 200 mètres d’altitude dans la ravine de la Rivière des Pluies (Sainte Marie) et une autre population plus importante à 900 mètres au Brûlé, 1350 mètres à la Plaine d’Affouches. La quasi-disparition de la plupart des milieux indigènes que l’on observe aujourd’hui laisse penser que la distribution ancienne de cette espèce devait s’étendre dans toute l’île, de la forêt littorale jusqu’à 1400 mètres d’altitude.

Comportement

    De couleur verte, avec le dessus du dos parsemé de taches rouges et la queue bleu turquoise, le Gecko vert des forêts est une proie relativement aisée à repérer par les prédateurs (Chat haret, rat, martin, agame). Il est généralement localisé en petits groupes de 4 à 15 individus. Le centre du site occupé désigne souvent l’emplacement de la zone de ponte. Nous l’avons trouvé dans des endroits les plus divers : arbres (principalement des Vacoas), fissures de rocher, tubes PVC de pluviomètre, panneaux publicitaires ou panneaux de signalisations routières, coffrets d’EDF, intérieurs des maisons, etc. Toutefois nous attirons ici l’attention sur un site particulièrement intéressant pour cette espèce : les poteaux électriques de basse tension. En effet, dans la plupart des sites ou l’espèce a été localisée, les poteaux électriques sont presque toujours colonisés par un couple ou une famille de ce gecko. Ce support semble réunir plusieurs avantages : quasi inaccessibilité aux rats, site de ponte, de refuge contre les intempéries et les prédateurs dans les trous d’aération, sans compter une alimentation aisée sur les poteaux équipés d’un éclairage. Nous avons ainsi pu comptabiliser 31 poteaux au Brûlé et 17 à Takamaka qui abritaient de 1 à 9 gecko(s). Ainsi, il convenait de signaler l’importance de ce site assez inattendu permettant la conservation de cette espèce remarquable de notre patrimoine naturel.

Bibliographie

BOUR, R. et MOUTOU, F. 1982. Reptiles et amphibiens de l'île de La Réunion. Info Nature 19 : 121-156.

CHEKE, A. S. 1975. An undescribed gecko from Agalega: Phelsuma agalegae sp. nov. Bull. Maur. Inst. 8 : 33-48.

MERTENS, R. 1963. The gecko of the Genus Phelsuma on Mauritius and adjacent Islands. Mauritius Inst. Bull., 5 (7) : 299-305.

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